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 le               

voyage

Je suis passé par la porte du trottoir d'en face.

La traversée de l'espace, c'est déjà hier. Des instants inédits.

Malaisé de décrire ce qui semble d'un ailleurs indescriptible.

Rien de connu, de comparable au quotidien.

 

La première fois, certainement, que je ressens l'impuissance de conduire mon chemin.

Impressions malaisées de tout laisser aller. 

De me dire 'et maintenant je fais quoi ?' J'ai peur. Très, très déstabilisant. 

Mais y aller. Satisfaction d'avoir été au-delà de mon habituel.

 

Les paysages sont indescriptibles, sont-ce des paysages ?

Dans ce voyage une tonalité sombre. Je suis surpris.

Des reflets de jaune, de vert. L'impression que des éclats de miroir m'entourent.

Rien, vraiment, de connu, d'attendu.

 

Navigation dans le silence d'une musique dont j'ignore tout.

Je vole, mais je n'en suis pas sûr. C'est quoi ce truc ?  

L'évidence d'être conscient sans être éveillé.

De temps en temps la question qu'est-ce que je fous ici ?

 

Voilà la céphalée du réveil. Quelques faibles nausées.

La difficulté de dire, assis au bord du lit, des mots que je voudrais intelligibles.

Les jambes se dérobant. L'esprit embrouillé, pesant sur le reste du corps.

Te retrouver. Toi et moi apaisés. Dormir en rentrant à la maison. Passer une longue nuit.

 

Et ce matin vous écrire, essayant de dire ce que les mots ont du mal à dire.

Emmagasiner la patience de laisser le temps au temps.

Observer ce qui se passe en moi, pas encore totalement dégourdi.

Pas de quoi faire un scoop sinon la volonté pour moi de réagencer ma vie, revivifier notre couple.


Et les jours à venir... Me remémorer ces moments de solitude totale avec moi-même.

Consigner, autant que faire se peut. Retenir, si possible, les éclairs de joie calme. Les tons inattendus.

Paix et questionnement. Curiosité et étonnement. Conscience d'exister. Sûr ? 

Vivre. Ouvrir un nouveau livre. Mettre de l'ordre...


André - Automne 2026