Et la nuit il fait noir.
Cette vile nourrice m’allaitait de douleurs.
Tant d’années, avoir mal, être mal, en crever.
Lentement façonner mon corps qui se brisait.
Fatigues sans mesures. Repos inexistant.
Insomnies fulgurantes, … Énergies prisonnières.
Médecins et médocs, spécialistes qui doutent,
c’est dans la tête Monsieur, patience. Et soyez fort.
Ce que je fus parfois et souvent pas toujours.
Douleur, incorporée. Et sommeil au cachot.
Je m’anéantissais, me suggérais, -conscient,-
d’en finir, clap de fin. J’imaginais la fin.
Le futur attendait. J’aurais dû m’en douter.
Tous les professionnels, je le crains, badaudaient.
A quoi pensaient-ils donc lorsque je m’en allais
de ces consultations, confirmations tourments
qui me laissaient sans joie. Avenir en péril.
Se coloraient de gris mes restes de gaité,
je me voyais céder. A quoi bon résister ?
Le cerveau avouait - lui-même n’en plus pouvoir.
L’amiral au repos je devenais pilote,
j’ignorais le métier, j’allais le découvrir.
Le bateau de ma vie s’en allait à vau-l’eau.
Je connaissais fort peu le rôle du cerveau,
sa propre mécanique, sa collégialité.
Quand celui-là débloque tout devient malaisé,
tortueux, torturé, c’est la nuit, il fait noir.