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Lumière devint nuit.

 

 

Passer, un éteignoir, de l’être-plénitude

riche en félicité, de la vie qui fait sens,

à la noire chronique de l’irruption du mal,

de cette maladie déposant son fardeau

sans autorisation. Un choc. Une agression.

Me voilà donc malade. Sans terme précisé.

Probablement longtemps. Et qui sait pour toujours ?

Ne serai-je bientôt rien que ma maladie ?

 

Quarante-cinq années, game over, c’est ainsi !

Pas mortel !Faire comme si ? Merci, oui, ça ira.

Il y a pis vous savez. Très embêtant, ça oui.

C’est une fin quand même. La fin d’une vie belle

serine mon cerveau qui n'est pas vraiment con !

Je me surprend alors à goûter la tristesse,

goûts amers, faire avec. Ma vie au jour le jour.

Tous ces mots que j’écris aux airs tristes, éperdus,

aux mélodies sans mots. Mais j’en écris des mots,

ma manière de me dire, en fait, d'oser me dire.

Plus de 20 ans passés à subir, me subir,

faire subir mes aimés, mon amour, nos enfants.

Et à tant m'en vouloir. A culpabiliser.

Malgré moi vers demain. Misérable inconnu.