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Encore et encore...
C'est ça ou ça !


DEPRESSION !

Un matin en consultation médicale. Nous sommes en couple pour faire un état avec le toubib au sujet de mes "extravagances d'humeur" au cours des derniers mois. On souhaite faire le point au sujet de mes nombreuses colères, impatiences excessives, susceptibilité en haut régime. Je sens que je perds tout à fait le contrôle. Ma moitié est tout à fait d'accord. Elle est là pour compléter mes dires et aussi pour être la mémoire fiable des échanges. 

Mes troubles cognitifs n'arrangent rien. Verdict : dépression.




BURN-OUT ?

Cinq semaines plus tard, midi, la consultation psy se termine. Je suis seul. J'ai fait le tour de mes états problématiques du moment. Nous avons beaucoup partagé le psy et moi mes nombreux excès caractériels. La fibromyalgie épuise mon corps par les douleurs causées, les efforts de corps pour vivre avec et le mental qui lâche. De témoignages en questions et réponses, d'éclaircissements en explications des possibles causes de mon état et de ses conséquences.                                

La conclusion semble s'imposer : burn-out. 




Vents forts ou pas vents forts, blanc ou noir, ça ou ça, dépression ou burn-out, je me retrouve particulièrement déstabilisé, c'est peu dire. Je comprends bien les difficultés que cela représente de poser un diagnostic. Mais quand même...Je me retrouve une vingtaine d'années plus tôt lorsque, pas encore diagnostiqué, les nombreuses hypothèses avancées me perturbaient, me déstabilisaient, augmentaient mes incertitudes. Ne pas savoir et tout imaginer. Certes aujourd'hui seuls deux mots demeurent, deux noms dépression ou burn-out. L'un et l'autre ne sont pas spécialement réconfortants mais bon, je ne vais pas faire le difficile. Il n'empêche que c'est une nouvelle fois le mental dans tous ses états qui est maître du jeu. Je pense être l'entraîneur de l'équipe et je vais devoir réorganiser la défense, l'entre-jeu et l'attaque. Mais je n'aime guère le foot...  Et j'en suis là en ce mois de novembre 2025.




Certain(e)s penseront que ce n'est pas le lieu pour faire 

de  l'humour, choix douteux diront d'autres. Depuis plus de

 vingt ans maintenant, si je ne conservais pas une bonne dose

 d'humour, d'autodérision et de légèreté, vous ne liriez peut-être

 pas les pages de ce site. Je serais, qui sait, écrasé par la tempête

 ou les vents forts ...

La tristesse est en moi, sortie je ne sais quand ?

La tristesse est sur moi, rosée d'un matin gris.

Elle couvre de son voile mes restes de clarté

et ma lucidité embrume mes sentiers.

Elle tait de sa rumeur mes joies et mes plaisirs.

Je traîne mes godasses sur ses chemins de gris.

Je traine mon ennui hors des sentiers vivants.

Alors je reste là errant dans mes pensées.

Et pis, je reste las, ignorant comment faire.



C'est dû aux vents forts ou à la tempête ...?

Colère - Cataclysmes intérieurs

Les mots dépassent ma pensée. Trombes de vent. Dégâts. De peines et de rancoeurs. Est-ce moi ce nuisible ? Est-ce à moi cette bouche brutale et sans nuance? 

Quand se tait la tourmente , ces remords sont-ils miens ? Et me me sens alors injuste et si méchant.

Certains disent alors que c'est la maladie. Et les dégâts causés, tout ce mal que j'ai fait, est-ce la maladie ?

Tristesse - Mal-être

Le jour est aux nuages. Lourds, épais et funestes. Des journées de silence pointent à l'horizon. Rien ne laisse espérer le retour du grand bleu.

Je veux avancer, oui, sans penser à hier, à ces nombreux hiers où tout s'est écroulé.

Que dirait le silence s'il pouvait exprimer la lourdeur des pensées, l'impossible clarté des émois, l'indicible calvaire du silence ?

Abattement - Voir clair, voir noir


Ne plus avoir la force ni le goût ni l'envie de lever mon regard, même d'ouvrir les yeux. 

C'est naturel alors que tout me semble noir. Je ne vois plus la vie, je ne vois plus ma vie. 

Je me plie, je me recroqueville, je me pelotonne, je me love en moi. 

Seul. Abattu. Incompris... 




 


Vous lisez bien. La tête de chapitre se répète encore et encore et c'est voulu. C'est comme si dépression et burn-out étaient au choix du client. Le sous-titre par contre se veut plus provocateur. Il n'y a pas à proprement parler de choix. Je ne peux pas. J'ai pris, comme si je recevais un coup. Un souci en plus à ajouter au bouquet. On le reçoit, point final.  

Encore et encore...

Couci-couça

Parce qu'un jour tout s'ébranle à nouveau et le terme est faible. J'étais ébranlé. Quoi ? Encore remettre la pendule à zéro et tout recommencer. M'adapter, inventer des stratégies de mieux-être, retrouver une énergie, reconsidérer que je peux y arriver. Et bam ! dit la chanson. Mais à cet instant, ma vie ressemble plutôt à un enterrement de première classe. Tout déjà obtenu et encore, encore remettre une couche !  

Comment partager tous les efforts pour sortir du bourbier, de la merde (excusez le mot) dans laquelle je m'enfonce ?

En trouvant les mots pour le dire...

Et j'ai pensé à une expression de la langue cahin-caha, péniblement, tant bien que mal. J'ai pensé aussi à couci-couça, à peu près ni bien ni mal.

Et j'ai tout à coup pensé que cette dernière me convenait. A peu près, c'était le mot. Sans jugement, sans culpabilité. Ni bien, ni mal, correspondait à toutes ces tentatives, ces pas en avant, ces chutes, ces 'si je m'flinguais', ces 'mais qu'est-ce que je vais devenir', ces moments de méfiance par rapport à mes capacités, ces ruminations, ces jugements sur les toubibs etc. qui servaient à quoi...

Voilà, j'allais me remettre au travail couci-couça avec déjà une petite voix qui me disait 'tu crois que ça ira ?' à qui je répondais 'couci-couça.  


A quoi bon tout cela ?

Ne plus hésiter. Ne plus ruminer. Ni culpabiliser. Liquider tout cela. Une fois pour toute. Ne plus jamais oublier l'heure qu'il est, le jour qu'on est, ce que j'ai fait hier, ce que je devais faire mais que j'ai oublié. Ne plus rester debout à me demander où je voulais aller, ce que j'allais y faire. Ne plus être au volant retenant bien l'adresse mais plus le pourquoi je m'y rends.

Je me prends pour une friche. Tout ce qui y poussait s'assèche désormais. Toutes les fleurs qui pavoisaient ont baissé les couleurs. Confus de vous l'écrire. Confus d'être confus.

Dans ce brouillard global dont l'opacité croît jour après jour, les routines quotidiennes m'adressent le faire-part du lent affaiblissement de ma mémoire immédiate (debout devant le micro-onde à me demander où est le sélecteur que je cherche). Ne quasi plus rien faire sans le petit papier magique.

Petit à petit se lève le drapeau noir du non-su, du perdu, pas retenu, ou encore douter de la véracité d'un fait, la violence d'un mot que je prononce, ... Et les autres qui confirment que ça arrive, ce n'est pas grave, ça arrive à tout le monde, ... Mais si c'est grave. Pour moi c'est grave, je me moque que ça arrive à d'autres.

Oui, c'est la maladie qui m'est tombée dessus il y a deux décennies et qui à son propre rythme, à son propre gré me fâche, m'agace, m'attriste, me paralyse, me démoralise et je me pose de plus en plus souvent la question du 'à quoi bon tout cela' ?