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Encore et encore ...

quand trop c'est trop

L'annonce.

C'est un jour au matin, en consultation. Ma belle m'accompagne. Je crains, en y allant seul, de trop d'oublier ce que je veux dire, ce que j'aimerais entendre et surtout m'en souvenir. J'ai pourtant fait une liste... de plaintes. Elle sera ma mémoire de ce qui se partagera. C'est fou ce que les troubles cognitifs m'amènent à faire (faire). Pour guérir, comprendre ce qui se passe est un bon remède pour (ré)agir. 

Au retour j'écris ce qui suit.


Et j’entre en dépression comme on entre en un lieu dont on ignore tout pour n’y être venu. Jamais.

 Et j’entre en dépression comme on descend la pente de superbes alpages que l’on ne  reverra. Jamais.

Et j’entre en dépression mais est-ce une surprise quand tout autour de moi n’est déjà plus avant ? Jamais.

Et j’entre en dépression, un homme face à moi, un toubib me le dit et il ne me ment pas. Jamais.

Je suis en dépression. Je pense au mot prison dont je n’ai pas la clé. Et si je n’en sortais jamais ?

Je suis en dépression. Là au pied d’un sommet mille sentiers m’appellent. Ne pas me dégonfler, jamais.

Je suis en dépression. Et j’ai tant de raisons de me lover au chaud. J’arrête, ça n’ira plus jamais.

Je suis en dépression, déjà je sens sombrer mon regard et la joie. Me séparer d’eux à jamais ?

Quand j’entre en dépression je croise en mes valises tous les maux du passé qui auraient pu n’être, jamais.

Quand j’entre en dépression je sais, je vais devoir inventer un pouvoir pour ne pas tout lâcher. Jamais.

Quand j’entre en dépression, je compte les années. Quarante ans de santé que je pensais miens à jamais !

Quand j’entre en dépression, les misères du monde m’invitent à ne pas trop m’apitoyer, peser jamais.

Quand j’entre en dépression, je demande au soleil, aux vents doux, aux rosées de m’accompagner à jamais.


DEPRESSION !

C'est l'annonce faite par le médecin au terme de la consutltation après avoir entendu le récit à deux voix de mes comportements sociaux. 

Nous digérons la nouvelle.

BURN-OUT ?

 Cinq semaines plus tard, consultation chez le psy. Je décris mon état et lui partage le diagnostic du médecin. Silence, réflexion du psy. Il opterait, nous dit-il, pour un burn-out dû à la douleur, provoquant la fatigue importante amenant le corps à une sorte d'épuisement.

Nous comparons les deux profils types de ces pathologies.